Points de vue

Renforcer la R&I sans incidence sur le budget: une opportunité!

Christian Wasserfallen
Conseiller national, président du Team politique FUTURE

Les ressources financières de la Confédération d0ivent être utilisées de manière réfléchie en ce moment. Les Chambres ont la possibilité de mettre intelligemment à profit leur marge de manœuvre lors de l’examen du budget pour la recherche et l’innovation. Elles peuvent renforcer le soutien aux actrices et aux acteurs de la R&I, sans que le budget fédéral en soit davantage affecté.

La R&I helvétique souffre de sa non-association au programme européen Horizon Europe. Mais le Fonds national suisse et Innosuisse disposent aussi d’instruments éprouvés pour encourager la coopération internationale et attirer les talents de l’étranger. Ces instruments peuvent être renforcés par un simple transfert de fonds, sans incidence sur le budget. Des propositions issues de la Commission des finances le permettent.
 
Les deux demandes reposent sur le même principe et doivent être considérées comme équivalentes. En effet, la recherche fondamentale et l’innovation vont de pair. Seul un renforcement de la recherche fondamentale donnera à la Suisse la possibilité de continuer à faire partie des pays les plus innovants au monde.
 
Le transfert de fonds permettrait une association à Horizon Europe en 2023 encore. Une tranche de la contribution obligatoire déjà inscrite à cet effet peut être transférée au FNS et à Innosuisse.
 
En renforçant la R&I suisse, nous investissons dans le futur. Ne laissons pas passer cette opportunité: deux réaffectations budgétairement neutres.

La Suisse vole d’exploit en exploit

Marie-France Roth Pasquier
Conseillère nationale, membre du Team politique FUTURE

La communauté scientifique suisse vole d’exploit en exploit. Elle a récolté trois prix Nobel de chimie et de physique entre 2017 et 2019: du jamais vu. En 2022, voilà qu’elle râfle deux médailles Fields, les plus hautes distinctions dans le domaine des mathématiques. Nous rencontrerons les deux lauréats Fields, Maryna Viazovska, de l’EPFL, et Hugo Duminil-Copin, de l’Université de Genève, le 27 septembre 2022 au Palais fédéral.

Comme les médailles olympiques, les distinctions scientifiques valorisent des personnalités hors du commun. Elles témoignent aussi de la qualité d’une politique d’encouragement des hautes écoles, de la recherche fondamentale et de l’innovation. Depuis le tournant des années 2000, le Parlement suisse a systématiquement accordé une priorité à ce domaine. Nous en récoltons les fruits aujourd’hui.

L’excellence au niveau international est un objectif que nos lois fixent à nos hautes écoles. Pour les atteindre, la communauté scientifique a besoin de moyens suffisants et d’un accès le plus large possible à la collaboration internationale. Ces deux conditions-cadres ne sont actuellement pas remplies, en raison de la non-association au programme-cadre européen de recherche et d’innovation. A nous d’agir sur ces deux points, en nous rappelant que nous travaillons pour les jeunes scientifiques de 2040!

Et pour les âmes chagrines qui ne voient pas l’intérêt de la recherche fondamentale: rappelons-nous que la théorie de la relativité d’Albert Einstein est au cœur de la technologie GPS.

Vision à long terme du financement FRI

Eva Herzog
Conseillère aux Etats, membre du bureau du team politique FUTURE

La Suisse est exclue du programme-cadre de l’UE «Horizon Europe». Les mesures transitoires décidées et en partie mises en œuvre par le Conseil fédéral tentent d’en atténuer les effets. Ces mesures sont financées par le crédit d'engagement déjà alloué par le Parlement pour «Horizon Europe, mais les tranches annuelles représentent à peine la moitié des fonds budgétés. Outre la perte financière, la réputation des scientifiques et des PME suisses est affaiblie en raison de leur exclusion de la compétition internationale et l’attractivité de nos hautes écoles diminue insidieusement. Déjà, des chercheuses et des chercheurs envisagent de quitter la Suisse.

Que faire? Même si nous avons des soutiens au sein de l’UE, en particulier de l’Allemagne et de l’Autriche, les négocia-tions avec la Commission européenne sur les relations  bilatérales sont bloquées. Le Conseil fédéral est appelé à débloquer la situation avec des propositions constructives.

Le Parlement ne peut actuellement faire qu’une chose pour la place scientifique suisse: mettre suffisamment de moyens à disposition pour les mesures transitoires et complémen-taires. Nous devons aussi continuer de prévoir les contribu-tions obligatoires pour Horizon Europe dans le budget 2023 et dans la planification financière jusqu’en 2026 – même si les dépenses cumulées devaient dépasser le niveau du crédit d’engagement – et, si nécessaire, accepter d’augmenter notre crédit d’engagement.

 

Encourager les nouvelles technologies

Philipp Kutter
Conseiller national, membre du bureau du Team politique FUTURE

Le Conseil des Etats et la Commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil national poursuivent le même objectif concernant la loi sur le génie génétique : à moyen terme, l’agriculture suisse doit pouvoir utiliser de nouveaux procédés de sélection par édition génomique. Au sein de la CSEC-N, nous empruntons cependant une autre voie que la chambre haute, et proposons un régime d'homologation basé sur les risques dans un arrêté séparé. Le Conseil fédéral peut ainsi clarifier les questions encore existantes et soumettre un projet au Parlement d’ici à la mi 2024.

Le changement climatique, la sécurité alimentaire ou l’utilisation de pesticides mettent l’agriculture face à de grands défis, en Suisse comme dans le monde. Les procédés de sélection utilisant des organismes génétiquement modifiés dans lesquels aucun matériel transgénique n’a été inséré offrent une énorme chance de relever ces défis. Si ces nouvelles méthodes de sélection apportent une plus-value claire à l’agriculture, à notre environnement et aux consommateurs, nous nous coupons l’herbe sous les pieds en interdisant ces technologies. 

Les nouveaux procédés sont largement utilisés pour développer des produits innovants dans le monde entier, et l’UE élabore actuellement une réglementation qui favorise cette technologie. Il est important que nous restions à jour. Faisons aujourd’hui un petit pas qui aura d’importants effets pour l’avenir de l’agriculture et de la recherche en Suisse!