Points de vue

Vision à long terme du financement FRI

Eva Herzog
Conseillère aux Etats, membre du bureau du team politique FUTURE

La Suisse est exclue du programme-cadre de l’UE «Horizon Europe». Les mesures transitoires décidées et en partie mises en œuvre par le Conseil fédéral tentent d’en atténuer les effets. Ces mesures sont financées par le crédit d'engagement déjà alloué par le Parlement pour «Horizon Europe, mais les tranches annuelles représentent à peine la moitié des fonds budgétés. Outre la perte financière, la réputation des scientifiques et des PME suisses est affaiblie en raison de leur exclusion de la compétition internationale et l’attractivité de nos hautes écoles diminue insidieusement. Déjà, des chercheuses et des chercheurs envisagent de quitter la Suisse.

Que faire? Même si nous avons des soutiens au sein de l’UE, en particulier de l’Allemagne et de l’Autriche, les négocia-tions avec la Commission européenne sur les relations  bilatérales sont bloquées. Le Conseil fédéral est appelé à débloquer la situation avec des propositions constructives.

Le Parlement ne peut actuellement faire qu’une chose pour la place scientifique suisse: mettre suffisamment de moyens à disposition pour les mesures transitoires et complémen-taires. Nous devons aussi continuer de prévoir les contribu-tions obligatoires pour Horizon Europe dans le budget 2023 et dans la planification financière jusqu’en 2026 – même si les dépenses cumulées devaient dépasser le niveau du crédit d’engagement – et, si nécessaire, accepter d’augmenter notre crédit d’engagement.

 

Encourager les nouvelles technologies

Philipp Kutter
Conseiller national, membre du bureau du Team politique FUTURE

Le Conseil des Etats et la Commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil national poursuivent le même objectif concernant la loi sur le génie génétique : à moyen terme, l’agriculture suisse doit pouvoir utiliser de nouveaux procédés de sélection par édition génomique. Au sein de la CSEC-N, nous empruntons cependant une autre voie que la chambre haute, et proposons un régime d'homologation basé sur les risques dans un arrêté séparé. Le Conseil fédéral peut ainsi clarifier les questions encore existantes et soumettre un projet au Parlement d’ici à la mi 2024.

Le changement climatique, la sécurité alimentaire ou l’utilisation de pesticides mettent l’agriculture face à de grands défis, en Suisse comme dans le monde. Les procédés de sélection utilisant des organismes génétiquement modifiés dans lesquels aucun matériel transgénique n’a été inséré offrent une énorme chance de relever ces défis. Si ces nouvelles méthodes de sélection apportent une plus-value claire à l’agriculture, à notre environnement et aux consommateurs, nous nous coupons l’herbe sous les pieds en interdisant ces technologies. 

Les nouveaux procédés sont largement utilisés pour développer des produits innovants dans le monde entier, et l’UE élabore actuellement une réglementation qui favorise cette technologie. Il est important que nous restions à jour. Faisons aujourd’hui un petit pas qui aura d’importants effets pour l’avenir de l’agriculture et de la recherche en Suisse!